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Dieppe : rencontre avec
une femme d’exception,
Agnès Barthe

Portraits de femmes (1/6). À l’approche de la Journée de la femme,
Paris-Normandie vous propose des rencontres avec des Dieppoises d’exception.
Aujourd’hui : Agnès Barthe, cheffe d’entreprise.

Elle fait partie de ces personnes qui, quand on les rencontre, font du bien. Donnent la pêche. Transmettent, sans le savoir, l’envie et la confiance. Sûrement parce que dans sa vie, Agnès Barthe a dû parfois se raccrocher désespérément à cette envie de vivre, d’apprendre…

Aujourd’hui, la patronne de l’agence d’événementiel Agnès Barthe Événements, reçoit dans son Chalet sur le quai, véritable écrin, élégant et confortable, peuplé d’objets de créateurs, nouvel avatar de son pop-up store, L’Effet Mer, ouvert en 2015. Entre les plats montagnards (crozets aux saucisses, tartiflette au camembert, « neufchaflette », tarte aux myrtilles) du midi et le salon de thé de l’après-midi, la pétillante quinqua revient volontiers sur son parcours de femme, de battante et d’amoureuse de la vie.

Parisienne, Agnès Barthe l’a été à peine sept ans. Elle arrive à Dieppe au début des années 1970 et fréquente l’école primaire Sévigné, le collège, le lycée Ango de la cité éponyme. Son bac en poche, elle met les voiles : un an en Grande-Bretagne, un autre aux États-Unis « pour devenir bilingue ». De retour, elle suit les cours d’une école d’hôtesse de l’air mais peu de temps après, « j’ai tout arrêté pour fonder une famille, à Dieppe ». Trois enfants arrivent, qu’avec son époux ils emmènent en voyage, inscrivent au conservatoire… Elle n’arrête pas de travailler pour autant : « J’ai été animatrice d’anglais pour un relais universitaire, j’ai fini par créer une petite classe chez moi et je suis aussi intervenue dans les écoles. »​

Quatre ans pour tout réapprendre

Parallèlement, la danseuse et cavalière s’engage à fond dans le sport. « J’étais là, comme triathlète, quand le club des Piranhas s’est créé. J’ai été une des premières à faire faire du triathlon à mes enfants ! » Comme pour toutes les activités dans lesquelles elle s’engage, elle s’investit à fond. « Mon père organisait des concours hippiques sur la plage de Dieppe, je faisais partie du bureau organisateur. J’ai aussi œuvré dans les bureaux des associations de parents d’élèves du conservatoire, Arpege, j’ai été présidente du club-service féminin le Zonta, j’ai été parent d’élève dans les écoles de mes enfants… »

Elle vit sa vie à 100 à l’heure… Jusqu’à un dramatique coup d’arrêt en 2006. « Un gros accident de triathlon. J’étais à vélo, j’ai fait un face-à-face avec une voiture. Je suis tombée dans le coma. Et quand je me suis réveillée, il m’a fallu quatre ans pour tout réapprendre : parler, écrire, marcher, danser, crier… Quatre ans d’orthophonie et de rééducation. Car j’étais un légume : les médecins ne s’adressaient même pas à moi, mais à mon mari ou à mes enfants. »

Il en faut davantage pour la mettre à terre. Elle se relève, s’aide de pratiques choisies (« La PNL – programmation neuro-linguistique – m’a redonné confiance et achevé de me remettre sur pied ») ; une évidence s’impose alors à elle. « Je me suis dit : demain, je monte ma boîte ! J’ai fait une formation avec la Chambre de commerce : Cinq jours pour entreprendre. » Et en 2013, elle donne naissance à AEA Artistic, agence d’événementiel. « C’est comme ça qu’on devient une guerrière : je voulais créer cela sans avoir à demander des fonds à mon mari ou à une banque. » Le domaine dans lequel elle se voit évoluer ne doit rien au hasard : « Cela faisait une quinzaine d’années que je chantais dans le groupe Senga (Agnès à l’envers, NDLR) à géométrie variable. J’avais trouvé les premiers musiciens lorsque j’étais élève au conservatoire, Stefano Maghenzani par exemple. Puis avec JB, Olivier, Philippe et Alain, on est passés à quelque chose de plus pro. Aujourd’hui, les activités des uns et des autres font qu’on est un peu en stand-by ».  N’empêche : « On a déjà répété ici, dans la cave de L’Effet Mer, c’était super ! » C’est au cours de ses concerts qu’elle prend conscience qu’« il n’y avait pas toujours de fil conducteur dans les soirées ». Aussi, sa décision est prise : elle bossera dans l’événementiel.

À son palmarès, entre autres événements qui ont compté, on trouve « la soirée avec 300 chefs d’entreprise sur le vieux gréement L’Étoile du Roy, pendant la dernière Solitaire du Figaro », « la soirée de présentation de la nouvelle Alpine, en musique », des marchés de Noël, « deux en 2017 avec des créateurs comme le collectif Ancre noire, qui ont très bien marché », la cérémonie de vœux du Grand Dieppe « où j’avais mis des braseros sur la place de l’église Saint-Rémy », une soirée pour l’APEI, une soirée catch…

Des idées loufoques, rock’n’roll

Une fois, aussi, on l’a contactée pour organiser un mariage : pas son rayon, mais elle ne peut pas s’empêcher d’être assaillie d’idées… Alors elle fait monter des tipis dans un champ, au bord d’une falaise. Et dispose 1 200 bougies LED pour guider les invités dans la nuit…

AEA Artistic, c’est aussi, désormais, le pop-up store. « Ma boutique éphémère, je la vois comme le salon de mon entreprise d’événementiel, l’outil de communication de ma boîte, pour créer des ambiances et montrer ce que je veux. Je peux toujours la louer, également. » Et continuer à montrer des expos ? « Il y en a partout maintenant, moi il faut que je me diversifie. » En termes de diversification, Agnès Barthe a déjà recouvert le sol de la boutique avec du sable… Aujourd’hui elle l’a transformée en chalet montagnard. Et demain ? « J’ai envie de créer un mur mouvant, avec des projections. Mais c’est compliqué à réaliser. Des idées loufoques, j’en ai plein. C’est toujours un peu rock’n’roll. » Elle accueille déjà des séances de coworking et de coaching pour entrepreneurs, entre midi et deux.

Ses projets ? « Le congrès de droit social du barreau de Dieppe, une soirée à Envermeu, l’anniversaire d’une Parisienne dans sa maison de Dieppe… » Sans oublier ses responsabilités au sein de BNI (Business Network International)… où elle a ponctué sa dernière intervention d’une reprise de France Gall, Résiste. « Ils m’ont demandé comment je faisais pour être au taquet à 7 h du mat ! On a bien rigolé. Il paraît que je fous la niaque à tout le monde. » De quoi encore bien occuper ses journées et son esprit. Sans perdre de vue ses rêves. Comme, par exemple, « travailler avec les Anglais ». Comment les sujets de Sa Majesté pourraient-ils résister à Agnès Barthe ?

Un Chalet à Dieppe

Le Chalet sur le quai est ouvert jusqu’au 11 mars au 44 quai Duquesne, du mercredi au dimanche, midi et soir, ainsi que l’après-midi pour le salon de thé. Dans ce concept boutique/resto, spécialités montagnardes, salon de thé, boutique et déco… « Tout dans la boutique est à vendre, on n’y vient pas que pour manger » : les sacs, coussins, pochettes et abat-jour de Monette, la porcelaine de Bernadette Dromer, la sculpture de Bertrand Thomassin. Sans oublier la borne à selfie Ouistiti. Après avoir travaillé avec les Fermes d’ici, cette année Agnès Barthe collabore, pour les repas, avec le Domaine de Joinville.

Contact au 06 17 51 44 24 – contact@agnesbarthe.fr